PER : combien pouvez-vous verser… et combien devriez-vous réellement verser ?
À l’approche de la fin de l’année, une question revient régulièrement chez nos clients chez PNM : combien dois-je verser sur mon Plan d’Épargne Retraite pour optimiser ma fiscalité 2026 ?
Pour y répondre, il faut en réalité se poser deux questions différentes : combien puis-je déduire fiscalement ? Puis, surtout, combien ai-je réellement intérêt à verser ?
Première étape : connaître son plafond de déduction
Les versements volontaires effectués sur un PER peuvent être déduits fiscalement, dans certaines limites. Et il est important de distinguer deux « poches » de déduction.
1. La poche personnelle, commune à tous les contribuables
Chaque contribuable dispose d’un plafond individuel d’épargne retraite, calculé en fonction de ses revenus professionnels de l’année précédente. Pour un salarié, le plafond de déduction 2026 se situe entre 4 710 € (minimum, égal à 10 % du PASS 2025) et 37 680 € (maximum, soit 10 % des revenus professionnels 2025 dans la limite de 8 PASS 2025).
Bonne nouvelle : ce montant est directement indiqué sur votre avis d’impôt, dans la rubrique « Plafond épargne retraite ».
Et le disponible peut être sensiblement supérieur au seul plafond de l’année : les plafonds personnels non utilisés peuvent être reportés pendant cinq ans. Pour les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune, il est également possible d’opter pour une mutualisation des plafonds entre conjoints.
Attention toutefois : certaines sommes déjà consacrées à l’épargne retraite dans le cadre professionnel (cotisations obligatoires, contrats collectifs) viennent diminuer ce plafond personnel.
2. La poche professionnelle « Madelin » pour les travailleurs non salariés
Les travailleurs non salariés (TNS) — gérants majoritaires, professions libérales, entrepreneurs individuels — disposent d’une possibilité supplémentaire : leurs versements peuvent être déduits de leur revenu professionnel, dans le cadre de l’article 154 bis du CGI.
Le plafond est alors plus important : il comprend 10 % du bénéfice professionnel dans la limite de 8 PASS 2026, auxquels s’ajoutent 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Pour un bénéfice atteignant ou dépassant 8 PASS 2026 (soit 384 480 €), le plafond théorique maximal atteint environ 88 911 €.
C’est une distinction importante : un TNS peut donc avoir intérêt à raisonner simultanément sur sa poche professionnelle « Madelin » et sur son disponible personnel d’épargne retraite. Les deux mécanismes obéissent à des règles d’articulation qu’il convient de vérifier avant de déterminer le versement maximal.
Deuxième étape : ne pas confondre « plafond disponible » et « versement optimal »
C’est probablement le point le plus important de cet article.
Ce n’est pas parce que vous pouvez déduire 30 000 € qu’il est nécessairement pertinent de verser 30 000 €.
L’économie d’impôt procurée par un versement dépend de la tranche marginale d’imposition sur laquelle il vient s’imputer.
Prenons un exemple concret : un contribuable dispose d’un plafond disponible de 25 000 €, mais seuls 8 000 € de ses revenus sont imposés dans la tranche à 41 %.
Les premiers 8 000 € versés sur son PER lui procurent alors une économie fiscale pouvant atteindre 41 %, soit 3 280 €. Au-delà, le versement viendra diminuer des revenus imposés dans la tranche inférieure, par exemple à 30 % — soit une économie de 2 400 € pour un même effort d’épargne de 8 000 €.
Verser davantage reste bien entendu possible, mais l’efficacité fiscale de chaque euro supplémentaire versé diminue mécaniquement à mesure que l’on descend dans le barème.
Ce qu’il faut retenir
Le plafond PER vous indique combien vous pouvez déduire. L’analyse fiscale permet, elle, de déterminer combien vous avez réellement intérêt à verser.
C’est pourquoi, avant tout versement important de fin d’année, il est utile de réaliser une simulation tenant compte de votre situation fiscale réelle et, pour les dirigeants, de l’articulation entre déduction personnelle et déduction professionnelle. Un versement mal calibré n’est pas une erreur grave — mais c’est souvent une opportunité fiscale partiellement gâchée.
Article rédigé par Anne PAOLI – Directrice de Numeris Patrimoine

